dimanche 10 juillet 2016

Farémido, le 5e voyage de Gulliver

Couverture Farémido, le cinquième voyage de GulliverFrigyes Karinthy

Résumé : 

Où l’on retrouve, sous la fine plume hongroise de Frigyes Karinthy, l’ami Gulliver revenu depuis belle lurette de sa première aventure swiftienne à Lilliput : enrôlé au service de sa Majesté, précipité en plein conflit mondial, miraculeusement transporté au pays des Sollasis, confronté à un peuple d’êtres inorganiques au langage purement musical, Gulliver prendra lors de ce cinquième voyage la mesure de la disharmonie qui règne entre les hommes.

Publié en 1916, ce court récit de science-fiction ironique témoigne une fois de plus du génie visionnaire de Karinthy, de son goût pour les spéculations morales et métaphysiques rehaussées des couleurs d’une inépuisable fantaisie. Farémido frôle l’air de rien de très sérieuses questions, celle de la nature du langage et de la musique, de notre rapport à la technique, ou de la propension de l’humanité à l’auto-destruction… Sur un mode résolument désinvolte, comme un pied de nez aux grimaces de l’Histoire.


x Science-fiction x Nouvelle x
x Cambourakis x 92 pages x 1916 x


Mon avis :

Non, il ne s'agit pas d'une véritable suite des Aventures de Gulliver.
Non, ce n'est pas un pavé.
Non, ce n'est pas un texte simpliste.

Oui, c'est un texte avec plusieurs niveaux de lecture.
Oui, c'est un texte avec un message un peu grinçant.
Oui, c'est un texte facile à lire.

A première vue, j'ai cru lire un conte.

Pourtant, dès les premières pages, l'auteur nous indique qu'il ne s'agit pas d'un conte, mais bel et bien d'un roman qui porte le lecteur à réfléchir (la description des arbres m'a fait froid dans le dos !).

Si lire un texte hongrois vous effraie, je n'ai qu'un conseil : Osez !
Il n'y a ni tournure complexe ni vocabulaire "ancien". C'est un récit très accessible, et ce détail m'a agréablement surprise.


Musique : Thunderstruck (cover) - 2Cellos

dimanche 3 juillet 2016

Le vieil homme et la mer

Couverture Le Vieil Homme et la Mer
Ernest Hemingway


Résumé :


Le roman met en scène deux personnages principaux : Santiago, un vieux pêcheur pauvre, et Manolin, jeune garçon tendre. L’histoire se déroule à Cuba, dans un petit port près du Gulf Stream.

Manolin accompagne Santiago à la pêche, mais ils n’ont rien pris depuis 84 jours. Les parents de Manolin qui trouvent que Santiago est « salao » ou « salado », c'est-à-dire malchanceux, décident qu’il embarquera sur un autre bateau, celui-ci ramène en effet trois grosses prises en une semaine!

Chaque soir Manolin voit le vieux revenir bredouille, cela lui cause une grande tristesse, il l’aide à remonter la barque, les lignes et le harpon. La voile, usée et rapiécée, roulée autour du mât, figure le drapeau en berne de la défaite. Le jeune garçon lui trouve de quoi manger et prend soin de lui, il a peur de le voir « partir », il n’est pas question de pitié, mais d’amour et de respect.



x Classique x Drame x
x Folio x 148 pages x 1952 x


Mon avis :
Quand j'ai découvert qu'un grand auteur
a écrit un si petit livre,
je me suis empressée de le lire !

Un huis clos en mer ?
Un apprentissage de l'humilité ?
Le respect en exergue ?

Sans vocabulaire technique et sans tournure de phrase alambiquée, ce classique est accessible et touchant.

Il ne faut pas s'attendre à un chant épique ou à une plume inoubliable. Il faut s'attendre à un texte simple, plus profond qu'il n'y paraît, mais qui n'émeut pas chacun d'entre nous.

Je fais partie des personnes qui ont apprécié le rythme calme, presque comme si j'étais sur la barque avec Santiago pendant ces trois longs jours. On assiste à bataille qui n'en est pas une. C'est plutôt une démonstration de force de la sagesse.

On ne parle pas assez de Manolin, à mon avis. Il est emprunt d'un certain respect qui m'a affectée car je rencontre peu de personnages de ce genre. Pourtant, l'impression de l'avoir connu et de le comprendre persiste après ma lecture. Comme si les valeurs auxquelles il croit étaient les mêmes que les miennes. Vous l'aurez compris, je me suis identifiée à lui.

C'est lent mais poignant.


Je suis déjà venue ici

Mariko KOIKE
Résumé :

Il souffle un vent de liberté et d'insolence sur ces onze récits de Koike Mariko, dont l'unité est si grande qu'ils forment comme autant de chapitres d'un même livre. Les hommes, et surtout les femmes, y affrontent la vie et l'amour sans se soucier de la morale ou des convenances sociales. Si la tonalité de chaque histoire est différente, impossible de ne pas les lire toutes jusqu'au bout, tant le suspense s'installe dès les premières lignes, porté par une écriture dense et bourrée d'énergie, pour culminer à la fin en une chute inattendue. Koike Mariko nous propose ici sa version du Japon contemporain, où les couples sont le plus souvent illégitimes et parfois improbables, où des femmes en rupture de ban vivent leur sexualité librement et cherchent leur vérité personnelle loin de tout modèle imposé.


x Nouvelles x Contemporain x
x Picquier Poche x 227 pages x 2011 x


Mon avis :

C'est avec finesse, calme et délicatesse que des histoires improbables ou ordinaires sont racontées.

Certaines nouvelles font ressortir un côté fantastique, d'autres un côté dramatique.

Il y a l'émotion et des sentiments, toujours partagés avec le lecteur.

Je resta assez étonnée de me montrer si proche des personnages alors que chaque récit ne s'étale que sur une vingtaine de pages, et d'être toujours surprise par la chute.


Musique : Shadows - Lindsey Stirling

samedi 25 juin 2016

L'appel du pied

Couverture Appel du Pied
Risa WATAYA
Résumé :

A dix-neuf ans, Wataya Risa est la plus jeune lauréate jamais couronnée du prix Akutagawa, le Goncourt japonais. Et l'histoire qui a conquis le jury et le public japonais n'est sans doute pas très éloignée de sa propre expérience de lycéenne, il n'y a pas si longtemps. Ce journal intime d'une jeune fille qui n'arrive pas à s'intégrer dans sa classe est au plus près des sensations, de la contradiction des sentiments qui affleurent sous la surface unie des apparences. De ces moments où l'on cherche un sol ferme sous ses pieds, pour s'aventurer à la découverte de la vie. Et lorsqu'on se sent attirée par un garçon qui vit confiné dans sa passion pour un mannequin vedette, on aimerait bien le réveiller de son rêve pour qu'il fasse ses premiers pas avec vous, sur ce chemin incertain.

Une chronique sensible, et pleine d'humour, de cet âge oscillant entre la nostalgie d'une enfance innocente et la naissance, presque malgré soi, de ce qui pourrait bien s'appeler l'amour.




x Contemporain x Jeunesse x
x Picquier poche x 163 pages x 2008 x


Mon avis :

Enchaîner Install et L'appel du pied, n'était pas une bonne idée : confondre constamment les deux intrigues et les deux personnages principaux, ce n'est jamais agréable.


Comme pour le précédent tome, nous assistons à un pan de vie d'une lycéenne - japonaise mais l'intrigue aurait pu se passer dans un autre pays sans que cela pose problème  - qui ne s'intègre pas vraiment au système, sans le renier pour autant

Dommage que l'auteure n'ait approfondi ni les personnages ni le contexte car elle tenait une belle idée.
Banal.

Au quotidien.

Légèrement sociopathe.

La fin reste ouverte et cela m'a plu.
L'adolescence est une période pleine de doutes, non?


Musique : Bad Habit - The Kooks

jeudi 23 juin 2016

Install

Couverture Install
Risa WATAYA

Résumé :


L'étrange début dans la vie d'Asako, lycéenne de terminale qui a déserté la guerre des examens, et de Kazuyoshi, un petit génie de l'informatique de dix ans, qui se lancent tous les deux dans la gestion d'un site de conversations pornographiques sur Internet.
Après avoir fait le tour des dangers et des mensonges du monde virtuel, Asako et Kazuyoshi retourneront à la solitude fondamentale de l'enfance face aux adultes et à l'avenir. Ecrit à dix-sept ans pendant ses vacances d'été, le premier roman de Wataya Risa : un subtil composé d'innocence et de perversité, d'allégresse et de désespérance.



x Contemporain x Nouvelle x
x Picquier poche x 108 pages x 2009 x 


Mon avis :

Naïf.
Court.
Attachant.

Le style léger de cette auteure, alors âgée de 17 ans, permet de rentrer plus facilement dans cette petite histoire. Si facilement qu'on peut même se sentir comme chez soi alors que la nouvelle se situe au Japon.

On fait face à la réalité et j'ai même cru à une autobiographie (et pourquoi pas ?) !

La surprise a été de découvrir que l'univers pornographique est à peine effleuré : il n'y a aucune scène suggestive ou choquante. Moi qui appréhendait la manière dont pouvait être abordé ce thème...

C'est un premier roman qui mériterait d'être plus approfondi.
J'espère qu'il s'agit d'un diamant à l'état brut,
et je file de ce pas lire un autre livre de cette auteure !

Musique : Naive - The Kooks

Nous étions faits pour être heureux

Couverture Nous étions faits pour être heureux
Véronique OLMI


Résumé :

« C'est étrange comme il suffit d'un rien pour qu'une vie se désaccorde, que notre existence, tellement unique, si précieuse, perde son harmonie et sa valeur. » Quand Suzanne vient dans la maison de Serge à Montmartre, il ne la remarque pas. Elle accorde le piano de son fils. Elle est mariée, lui aussi, et à 60 ans il a ce dont rêvent les hommes : un métier rentable, une jeune femme parfaite, deux beaux enfants. Pourquoi soudain recherche-t-il Suzanne qui n'est ni jeune, ni belle, et apparemment ordinaire ? Pourquoi va-t-il lui confier un secret d'enfance dont il n'a jamais parlé et qui a changé le cours de sa vie ? Pour évoquer la passion naissante, les vérités enfouies et coupables, l'auteur de Bord de mer, Le Premier amour et Cet été-là, décline avec subtilité, en musique douce, juste et fatale, ces moments clefs où les vies basculent et cherchent désespérément la note juste.



x Contemporain x

x Le Livre de Poche x
x 240 pages x 2014 x


Mon avis :

C'est un récit qui prend son temps,
calmement,
pour installer une histoire extra-conjugale
sans fantasme.


Se laisser attirer par une charmante couverture.

Assister à la naissance de cet amour et de ses conséquences.

Se laisser porter par une atmosphère monotone, voire morose.

Il ne s'agit de parler d'un style contemplatif, plutôt d'une mise en avant de la prose de l'auteur. Qu'une plume mise sur la forme sans compter sur le fond ne m'a pas convaincue pour ce récit.

Pourtant, la seconde partie, ce secret révélé au détour d'un souvenir d'enfance, permet à l'histoire de décoller et de prendre peu à peu l'ampleur qui lui est due. Sans avoir le temps de l'atteindre.



Musique : Relaxing Piano - Hayao Miyazaki Collection


mercredi 22 juin 2016

Ma vie d'autiste

Couverture Ma vie d'autiste
Temple GRANDIN

Résumé :


"J'avais six mois quand ma mère s'est rendu compte que je me raidissais dès qu'elle me prenait dans ses bras. Quelques semaines plus tard, alors qu'elle me câlinait, je la griffai, comme un animal pris au piège, pour échapper à son emprise. " Le diagnostic tombe comme un couperet: Temple est autiste. Pourtant, des années plus tard, se jouant du verdict des experts, elle entreprenait des études supérieures et menait à bien une carrière internationale comme conceptrice d'équipements agro-alimentaires. Si les mots de Temple Grandin nous touchent, c'est parce qu'ils nous montrent l'autisme de l'intérieur, dans ses manifestations les plus intimes; si son témoignage nous étonne, c'est parce qu'il proclame que cet autre monde mental n'est pas si éloigné du nôtre."


x Autobiographie x Psychologie x
x Odile Jacob x 198 pages x 2000 x


Mon avis :

Parce que l'autisme peut nous concerner.

Ou pas.


Temple Grandin m'a touchée par sa détermination et par son recul sur sa vie.

C'est une autobiographique très intéressante car j'y ai découvert "l'autisme vu de l'intérieur". Ce qui permet de mieux comprendre les comportements et les problématiques quotidiennes (notamment la gestion des crises d'angoisse et du renfermement sur soi) soulevées par ce syndrome. 

On accompagne Temple de son enfance à l'âge adulte, avec des obstacles à franchir et un handicap qui sera transformé en un atout professionnel.

Pour autant, l'auteure nous montre que surmonter des difficultés reste possible, surtout quand notre famille se révèle être un soutien sans faille.

Accompagner Temple a été un délice. On rit, on est ému, on retient son souffle. Son écriture semble lui ressembler : concis et méthodique.

Son parcours plein d'humilité
a touché une corde sensible
(chez moi en tous cas !).


Musique : 

Dmitri Shostakovich - Waltz No. 2